Les bons mots de l'oignon

L’oignon est entré aussi bien dans les cuisines du monde entier que dans les expressions courantes.


Expressions et idiotismes autour de l’oignon

« Ce ne sont pas tes oignons » invite sans ménagement votre interlocuteur à s’occuper de ses affaires au lieu de mettre le nez dans les vôtres. L’expression « Ne t’introduis jamais entre la pelure et l’oignon » a plus ou moins la même signification. Il semblerait néanmoins que la première expression ne fasse pas vraiment référence au légume… mais plutôt au postérieur en langage argotique ! Une version politiquement correcte d’ « occupe-toi de tes fesses »...

A contrario, « aux petits oignons » désigne une action réalisée avec beaucoup de soin et d’attention.

L’aphorisme « Être habillé comme un oignon » décrit parfaitement le bulbe. Cela signifie en effet qu’on superpose, à l’instar des pelures du légume, les couches de vêtements pour se protéger du froid.

Toutefois, les expressions contenant le mot « oignon » ne désignent pas toujours le bulbe.
Ainsi, « en rang d’oignon » (qui signifie être bien aligné) fait référence à un personnage historique passé à la postérité. Charles Rozan, dans son ouvrage Petites ignorances de la langue française, explique que cet idiotisme remonte au XVIe siècle. Le baron d’Oignon était alors grand maître de cérémonie à la cour des Rois de France. Son rôle était d’assigner leur place aux seigneurs présents et avait pour habitude de crier : « Serrez vos rangs, messieurs ». Ces derniers ne manquèrent pas de railler ce tic de langage, donnant naissance aux fameux « rangs d’Oignon ».

Croyances populaires

L’oignon se prête à de nombreuses légendes :

  • en Chine, le bulbe est le symbole de l’intelligence ;
  • pour certains, l’oignon permet de prévoir la météo. « Quand les oignons ont trois pelures, Grande froidure » signifie que plus l’oignon possède de couches, plus l’hiver sera rigoureux.

Un Légume incontournable au quotidien

Lorsque le service militaire était encore d’actualité en France, les soldats ne partaient jamais en manœuvre sans quelques oignons dans leur paquetage. Les bulbes permettaient de donner du goût au « rata » du régiment.

L’oignon a également inspiré les grands écrivains. Jules Renard, l’auteur de Poil de carotte, décrit ainsi le bulbe comme « gonflé et bedonnant, comme les clowns qui ont trente-six gilets » dans son journal daté du 17 septembre 1906. Quant au grand Victor Hugo, il aimait croquer un oignon cru dès le saut du lit, affirmant qu’il était « l’âme sensuelle de la terre ».

Retour en haut de page